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La conscience historique en action(s)

Réformer pour transformer...

Le dimanche 22 octobre 2017, par Bernard Roux

Observateurs et politologues n’apprécient pas toujours la portée de la formation philosophique d’Emmanuel Macron quand il s’exprime soit sur un grand registre, soit sur un mode plus familier. Il en est ainsi par exemple quand il énonce que « la France est irréformable » ; d’aucuns crient à l’arrogance. Philosophiquement et historiquement, cela peut s’entendre. Pour un marxiste chevronné, le capitalisme est irréformable et quand il tente de le faire, c’est pour se conforter (alors qu’il est promis à la destruction !). Une prétendue réforme est une réaction d’enfumage ; or la France est un pays capitaliste, donc irréformable !

Emmanuel Macron serait-il marxiste ? Que nenni ! Pour lui, la réforme s’oppose à la révolution et au conservatisme. Et d’une manière générale à tous les extrêmes… Car pour le philosophe, la réforme constitue un acte de raison, qui dépasse l’état d’esprit réformiste auquel ont souscrit tant bien que mal les partis (exceptés les extrémistes). Cela permet de justifier toutes les postures qui abolissent les positions réelles.

Ainsi, même si on est pour le contenu d’une réforme alors que l’on se trouve dans l’opposition, on criera « à la réformette », au « pas assez » ou au « trop compliqué », etc...

Ces pratiques expliquent en partie le succès électoral de Emmanuel Macron. Il veut réduire les clivages traditionnels droite-gauche ? Certes, mais ceux-ci sont nécessaires à la vie démocratique à condition qu’ils soient débarrassés de l’hypocrisie des poncifs, de l’archaïsme des rites et des lourdeurs de fonctionnement.

C’est là ou on peut penser que le président de la République a été marqué profondément par sa proximité avec Paul Ricoeur. Ce dernier a recherché à définir une philosophie de l’homme capable, notamment à travers « l’herméneutique de la conscience historique du temps raconté parce que compté » (Jean Grondin).

Or toute réforme est fruit d’un récit qui s’inscrit dans un calendrier. Le réformateur est dans « l’agir », « l’intempestif » et l’inédit. En fait, une réforme, conçue dans ce cadre, n’en est plus à modifier des choses mais à les transformer. Elle doit être réalisée à partir d’un projet connu à l’avance. Emmanuel Macron pense qu’il le fait en détaillant son programme pendant la campagne électorale.

Démocratiquement il pense avoir reçu le feu vert du peuple. Juridiquement, cela est vrai. Il a reçu mandat pour concrétiser une vision volontariste nourrie de deux termes « horizons » et « espoirs », mais la complexité du monde est telle qu’il a préféré s’entourer d’experts.

Le conseil des ministres est soumis au contrôle des politiques (Parlement) et c’est là le bât peut blesser si la pédagogie de la fonction publique n’est pas quotidienne et patriote. Ce que l’on appelle la conscience historique.

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